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La formation en Science de l’information au Bénin : jugement et souhaits des bénéficiaires
Eustache Mêgnigbêto Documentaliste 09 BP 477 Saint Michel,Cotonou, Republique du Benin E-mail : eustachem@yahoo.fr
Résumé Le Centre de formation aux carrières de l’information (CEFOCI) créé en 1982 a formé à ce jour près de trois cents professionnels pour la gestion des bibliothèques, centres de documentation et d’archives. De la date de création du centre à nos jours, la Science de l’information a beaucoup évolué ; cependant, le programme de formation n’a pas vraiment suivi ce développement. L’enquête menée auprès des anciens et actuels étudiants du CEFOCI a pour objectifs de recueillir leurs opinions sur la formation qu’ils ont suivie ainsi que leurs souhaits pour son amélioration.
Il en ressort que les étudiants sont conscients des problèmes du programme et du fossé entre les exigences du métier aujourd’hui et la formation telle qu’elle est donnée, en l’occurrence dans le domaine des technologies de l’information et de la communication. Ils souhaitent que le CEFOCI actualise régulièrement son programme de formation au fur et à mesure de l’évolution des technologies de l’information et de la communication; ils veulent être familiers avec les logiciels libres, les systèmes d’exploitation comme Linux et MacOS, les normes de description, de structuration et de mise en forme des documents électroniques. Aussi souhaitent-ils avoir la pratique de plusieurs logiciels documentaires ou de gestion de bases de données. Ils suggèrent, enfin, que l’école se dote au moins d’un laboratoire
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informatique, d’un laboratoire en Science de l’information et d’une bibliothèque spécialisée et fasse recours à des professeurs compétents.
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Introduction
La formation des bibliothécaires, archivistes, et documentalistes au Bénin est assurée par le Centre de Formation aux Carrières de l’Information (CEFOCI), créé en 1982 et placé sous la tutelle de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM) de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC) (Mêhissou, 2002 ; Sonon & Hounyo, 1997, p. 3). L’école a formé à ce jour environ trois cents professionnels de l’information (Mêgnigbêto, 2006, p. 50).
Dans leur mémoire consacré à l’évaluation de la formation au CEFOCI, Sonon et Hounyo (1997, p. 24) ont relevé que les étudiants sortis de l‘école et en situation d’emploi sont confrontés quotidiennement au manque de compétences en informatique. Cette conclusion date déjà de 1997 ; entre temps, les technologies de l’information, Internet notamment, ont connu un développement fulgurant, bouleversant la donne en Science de l’information, entraînant de profonds changements dans les services et missions des bibliothèques qui sont en train de redéfinir leur rôle pour le présent et le futur (Krishnamurthy & Chan, 2005, p. 45), et en conséquence exigeant une redéfinition du contenu des formations données dans les écoles de formation.
Dans les pays du Nord, les réactions ont été automatiques : enrichissement des programmes de formation (Baruchson-Arbib, 2002, p.397) diversification des filières de formation, changements de noms aux filières (Akodigna, p. 2), changement de noms aux écoles, ... Au Bénin, la seule école de formation qu’est le CEFOCI a répondu timidement (Sonon & Hounyo, 2007, p. 56). Aux gros problèmes de la non actualisation des cours et du contenu des cours, de manque de laboratoire informatique, de laboratoire de Science de l’information, de
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bibliothèque spécialisée, et d’enseignants qualifiés, vient s’ajouter le défi de l’intégration et de la maîtrise des technologies de l’information et de la communication.
La présente étude a pour objectifs de synthétiser et d’analyser l’opinion des professionnels de l’information documentaire béninois sortis du CEFOCI sur le programme de formation qu’ils ont suivi, en général, sur les technologies de l’information et de la communication en particulier et de recueillir leurs propositions et souhaits afin que la formation soit à la hauteur des attentes du marché de l’emploi et de l‘évolution de la Science de l’information dans le monde.
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Hypothèses de recherche
Le programme de formation actuel du CEFOCI est en déphasage par rapport aux exigences actuelles engendrées par les technologies de l’information et de la communication. Nous formulons l’hypothèse que les anciens étudiants du CEFOCI, de même que ceux en cours de formation, sont conscients que le programme de formation du CEFOCI nécessite une actualisation au regard de l’évolution de la Science de l’information notamment les technologies de l’information et de la communication.
2.
Méthodologie
Un questionnaire a été élaboré et distribué aux anciens et actuels étudiants du CEFOCI, soit par la liste de discussion de l’Association pour le développement des activités documentaires au Bénin1 (ADADB), soit main à main sur le campus d’Abomey-Calavi, ou sur leur lieu de
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L’ADADB est l’association professionnelle des archivistes, bibliothécaires et documentalistes du Bénin. La page d’accueil du groupe de discussion est http://fr.groups.yahoo.com/group/adadb.
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travail. L’enquête a duré du 1er juin au 31 juillet 2006, soit deux mois. A la date du premier lancement du questionnaire sur la liste de discussion de l’ADADB, le nombre d’inscrits était de 130. Nous estimons à environ 100 le nombre de membres cibles de notre recherche2. Le questionnaire a été aussi distribué à une cinquantaine d’étudiants du CEFOCI, et six anciens étudiants sous forme papier. Au total donc, environ 156 personnes ont été touchées par l’enquête ; 59 ont répondu, soit un taux de réponse de 37,82%.
Une fois les réponses reçues, un codage manuel a été opéré ; une base de données statistique a été créée avec le logiciel IDAMS3 d’analyse et de gestion de données. L’encodage des éléments de réponses reçus a suivi. Les fichiers d’instructions4 conséquents ont été écrits dans IDAMS pour l’analyse des données. Les différents tableaux du document ont été obtenus dans Microsoft Excel à partir des outputs des différents setups précédemment écrits dans IDAMS, puis importés dans Microsoft Word. Les figures ont été produites soit dans Microsoft Excel, soit dans le logiciel R5 puis importées dans Microsoft Word.
3.
Résultats
a. Caractéristiques socio- démographiques des enquêtés
Les répondants se répartissent en 30 anciens étudiants (50,85%) et 29 étudiants (49,15%). Parmi les anciens étudiants, un est sans emploi (3,33%) et les 29 autres restants sont employés (96,67%). L’âge des enquêtés va de moins de 20 ans à plus de 50 ans. Les étudiants se
2 Nous sommes co-modérateur du groupe de discussion. A ce titre, nous connaissons les qualités des abonnés. On y distingue des enseignants du CEFOCI, des étudiants du CEFOCI, des anciens étudiants du CEFOCI, des professionnels non béninois et résidents hors du Bénin, des collègues exerçant la profession mais n’ayant pas une formation professionnelle. 3 IDAMS est un logiciel de gestion et d’analyse de données statistiques développé par l’UNESCO (http://www.unesco.org/idams). 4 Dans le vocabulaire de IDAMS, ces fichiers sont appelés Setup ; ils contiennent les instructions de l’utilisateur suivant les résultats qu’il désire obtenir à partir des informations contenues dans une base de données. 5 R est un logiciel statistique. Il est disponible à http://cran.univ-lyon1.fr ou encore à http://www.r-project.org/
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trouvent dans la tranche inférieure (jusqu’à 24 ans) et les anciens étudiants dans la tranche d’âge commençant à 25 ans. Les enquêtés les plus âgés sont ceux sortis des premières promotions ; ils sont également ceux qui ont les plus longues expériences professionnelles.
19 enquêtés sont de sexe féminin (32,20%) et 40 sont de sexe masculin (67,80%). Toutes les promotions du CEFOCI s’y retrouvent, des étudiants sortis dès 1984 (la première promotion) à ceux sortis en 2005 (la plus récente au moment de l’enquête). Par exemple 11 sont sortis entre 1984 et 1994, 18 entre 1995 et 2004 et 1 en 2005 ; les 29 autres sont encore en formation. 65,52% des anciens étudiants employés exercent dans le secteur public, 20,59% dans le privé, 13,59% dans un organisme international ou ambassade près le Bénin. 28,57% des employés n’ont jamais changé d’employeur et 71,43% en ont changé au moins une fois.
Tableau 1. Répartition des enquêtés par sexe et âge Moins de 20-24 20 ans Masculin Féminin Total 1 4 5 18 7 25 3 3 6 7 3 10 4 1 5 3 1 4 2 0 2 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 et plus 1 0 1 Réponses 1 0 0 40 19 59 50 ans Sans Total
Tableau 2. Statut des enquêtés par âge et par sexe Moins de 20 ans Employé Sans emplois Etudiant Total 0 0 5 5 20-24 1 1 23 25 25-29 5 0 1 6 30-34 10 0 0 10 35-39 5 0 0 5 40-44 4 0 0 4 45-49 2 0 0 2 50 + 1 0 0 1 Sans Réponses 1 0 0 1 Total 29 1 29 59
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1984-1988 10%
1988-1993 8%
Formation en cours 49%
1994-1998 17%
1999-2003 14%
2004-2005 2%
Figure 1. Répartition des enquêtés par groupe d’années de fin de formation
b. Opinion des enquêtés sur le contenu de la formation reçue
Comme contenu de la formation, nous distinguerons : - les techniques documentaires constituées des cours techniques comme Classification, Analyse et indexation, Bibliographie générale, Bibliographie spécialisée, Description
bibliographique, Documentation audiovisuelle, Diffusion de l’information, organisation et gestion des SID ; - l’informatique générale regroupant le Système d’exploitation MicroSoft Windows, et la suite bureautique Microsoft Office constituée du traitement de texte Word, du tableur Excel, du logiciel de présentation PowerPoint et du système de gestion de base de données Access ; - l’utilisation des services Internet qui comprend la navigation, le courrier électronique, la production des pages web ;
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- l’informatique documentaire réduite aux logiciels CDS-ISIS et Textow ; et, - les cours généraux que sont Méthodologie de la recherche en sciences sociales, Anglais, Technique de l’expression écrite et orale, Economie, Droit, histoire.
Les techniques documentaires sont jugées non suffisantes par 37,29% des enquêtes, dont 44,83% des étudiants en cours de formation et 30% des anciens étudiants. Un test de khi-deux conclut à l’absence de différence significative entre les deux catégories d’enquêtés au seuil de signification de 5%, en ce qui concerne l’appréciation des techniques documentaires (χ2cal = 1,43 pour un degré de liberté dl = 1 est inférieur à χ2table = 3,14). On en retient donc que l’appréciation faite des techniques documentaires est uniforme chez tous les enquêtés, qu’ils soient en cours de formation ou non.
Les étudiants sont initiés à la navigation et à la recherche sur le web ainsi qu’à l’utilisation du courrier électronique ; le chat et le File Transfert Protocole ne sont pas inscrits dans le contenu ; la conception des pages web se fait en code HTML pur et en logiciel WYSIWYG. Texto et CDS-ISIS sont enseignés comme logiciels documentaires. Les enquêtés sont sans avis sur les cours sur ces cours et les cours généraux. Quant à l’informatique générale, elle est diversement appréciée, et les jugements semblent s’améliorer lorsque la promotion est plus jeune; ainsi, une bonne partie des étudiants n’a pas connu l’informatique pendant leur formation.
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Tableau 3. Tableau de contingence cours-promotions et appréciation
Pas suffisant W84-88 W89-93 W94-98 W99-03 W04-05 W-FORM E84-88 E89-93 E94-98 E98-03 E04-05 E-FORM A84-88 A89-93 A94-98 A99-03 A04-05 A-FORM P84-88 P89-93 P94-98 P99-03 P04-03 P-FORM WIN84-88 WIN89-93 WIN94-98 WIN99-03 WIN03-04 WIN-FORM 0 0 6 4 1 13 0 0 2 1 0 12 0 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 4 3 1 17
Suffisant 0 0 2 4 0 14 0 0 0 0 0 6 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 2 2 0 1
Très suffisant 0 0 2 0 0 0 0 0 8 7 1 9 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 1 0 0
Non programmé 6 5 0 0 0 0 6 5 0 0 0 0 6 5 9 8 1 28 6 5 10 8 1 27 6 5 4 2 0 10
Sans Reponses 0 0 0 0 0 2 0 0 0 0 0 2 0 0 0 0 0 1 0 0 0 0 0 2 0 0 0 0 0 1
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Pour ressortir ces jugements sur l’informatique générale, nous avons dressé le Tableau 3 de contingence qui a en colonnes l’appréciation des enquêtés et en lignes les cours d’informatique générale par promotion de cinq ans. Dans le tableau, les individus ont été renommés suivant le principe ci-après : la première lettre désigne le programme Microsoft ; ainsi, W est mis pour Word, E pour Excel, A pour Access et P pour PowerPoint ; pour éviter toute confusion avec Word, WIN a été utilisé pour désigner le Système d’exploitation Windows ; ensuite les millésimes des extrêmes des années de soutenances considérées ont été mis, séparés par un tiret (-) ; les étudiants en cours de formation ont été désignés par FORM. Alors, E94-98 désigne « Excel pour les étudiants sortis entre 1994 et 1998 », WIN-FORM désigne l’ « environnement Windows pour les étudiants en cours de formation ».
Le test de khi-deux réalisé sur le tableau de contingence a révélé au seuil de signification de 5% qu’il y a une très forte liaison d’une part, entre les matières et les promotions et de l’autre, l’appréciation qui en est faite. En d’autres termes, l’appréciation que les étudiants ont des matières enseignées dépend de la promotion dont ils font partie (χ2calc = 421,36 avec un degré de liberté dl = 116 pour une valeur attendue de χ2table = 142). Nous avons réalisé une analyse factorielle des correspondances (AFC) sur le Tableau 3 en vue de visualiser l’appréciation des enquêtés par rapport au cours d’informatique générale comprenant le Système d’exploitation Windows et chacun des logiciels de la suite bureautique Microsoft Office (Word, Excel, PowerPoint et Access).
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E04-05
E98-03 E94-98 Tres_suffisant
Ensemble II
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Ensemble I
2
E-FORM WIN89-93 WIN84-88 P-FORM A-FORM W89-93 W84-88 E89-93 E84-88 P04-03 P99-03 P94-98 P89-93 P84-88 A04-05 A99-03 A89-93 A84-88 Non_programme A94-98
Ensemble III
W94-98
0
WIN99-03 Sans_Reponses WIN-FORM WIN94-98
Pas_suffisant WIN03-04 W04-05 Suffisant
-1
W99-03 W-FORM
-2
-1
0
1
2
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Figure 2. Appréciation des matières de l’informatique générale visualisée par AFC.
On peut remarquer sur la Figure 2 que les cours sur Access et PowerPoint n’ont jamais été programmés au CEFOCI, même jusqu’à la promotion en cours de formation (ensemble I); les individus Paa-aa et Aaa-aa sont tous positionnés dans cet ensemble dominé par l’appréciation « Non programmé ». Les étudiants à partir de la promotion sortie en 1994 jusqu’à celle sortie en 2005 ont eu au programme le cours Excel qu’ils apprécient d’ailleurs bien, puisque les individus Eaa--aa se positionnent dans l’ensemble II déterminé par la caractéristique « Très suffisant », les étudiants en formation y mettent tout de même un peu
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de bémol, en effet, l’individu E-FORM est très éloigné de l’ensemble II, et mieux est positionné dans l’ensemble III caractérisé par « Suffisant » et « Pas Suffisant ».
Avant 1994 aucun cours d’informatique générale n’était dispensé ou pratique; c’est ce qui explique que les étudiants sortis avant 1994 sont tous positionnés dans l’ensemble I des cours non programmés ; le cours sur le Système d’exploitation Windows est jugé insuffisant par toutes les promotions qui l’ont suivi alors que le cours sur Word est diversement apprécié, car les individus Waa-aa sont positionnés entre « Suffisant » et « Insuffisant » ; les étudiants en fin de formation apprécient bien le cours sur le Word par exemple.
c. Les lacunes du programme de formation vues par les enquêtés
La première lacune évoquée par les enquêtés est la faible présence des technologies de l’information et de la communication dans le programme de formation (25,42%). Viennent ensuite le manque d’enseignants qualifiés (18,64%), puis la non actualisation des cours (18,64%), l’absence de laboratoire en Science de l’information et de laboratoire informatique 6,78%), l’insuffisance du contenu du cours sur l’informatique documentaire, l’absence d’assez de pratiques dans les cours techniques et enfin l’insuffisance de la masse horaire de certains cours.
d. Les souhaits de réformes des enquêtés
Les souhaits exprimés sont en relation avec les lacunes constatées et énumérées par les enquêtés. Ainsi, ils formulent le vœu que le programme de formation mette un peu plus l’accent sur les technologies de l’information et de la communication, que des enseignants
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qualifiés soient recrutés pour renforcer le corps professoral existant et que les cours soient régulièrement actualisés. En archivistique, ils souhaitent que des cas concrets de traitement archivistique comme l’élaboration de cadre de classement et d’instruments de recherche soient abordés, et que l’accent soit mis sur l’application de l’informatique documentaire au traitement des archives. L’occasion doit être donnée aux étudiants de pratiquer les notions apprises, par exemple, l’élaboration de produits documentaires y compris multimédia.
Les enquêtés souhaitent que le CEFOCI se dote d’un laboratoire en science de l’information et d’un laboratoire en informatique, d’une bibliothèque spécialisée, bien fournie, bien équipée et régulièrement alimentée. L’autonomie de programme vis-à-vis de l‘ENAM a été aussi soulevée et demeure une préoccupation pour eux. La collaboration entre l’ADADB et la Coordination du CEFOCI est souhaitable et même impérieuse. Selon les enquêtés, elle devra aboutir à l’élaboration d’un programme de formation par l’Association à partir des évolutions constatées de la profession et des besoins exprimés par les professionnels sur le terrain. Le programme devra être soumis aux autorités de l’ENAM. Les enquêtés ont également souhaité qu’en fin de chaque année de formation un stage obligatoire soit effectué par l’étudiant ; cela lui facilitera l’acquisition de la pratique du métier. L’institutionnalisation de cours à distance, la réinstauration des sorties pédagogiques sont aussi évoquées par les enquêtés.
Enfin, ils souhaitent que certains cours soient renforcés et d’autres introduits. Sont à introduire les cours portant sur la statistique, la gestion électronique des documents, la gestion et l’administration des projets, évaluation des services de l’information documentaire, la suite bureautique OpenOffice, l’initiation à l’environnement Linux et aux logiciels libres en général, le câblage de réseau d’ordinateurs, l’initiation à l’environnement client/serveur, l’initiation aux systèmes de gestion de contenu, la programmation web, les formats
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d’échanges de données bibliographiques comme le MARC et ISO2709, les formats des données électroniques comme le Dublin Core, l’EAD, le XML, l’introduction aux langages de programmation. Les cours à renforcer portent sur le traitement des documents audiovisuels, le traitement des documents électroniques, la bureautique, notamment la suite bureautique complète de MS Office, y inclus Access et la présentation PowerPoint, la production de pages web, notamment le HTML pur, l’informatique documentaire avec son élargissement aux logiciels comme PMB et Koha et l’accent sur les démarches d’informatisation d’un service d’information documentaire.
En gros, les professionnels de l’information souhaitent que les cours soient mis à jour, que l’accent y soit mis beaucoup plus sur les technologies de l’information et de la communication, que des enseignants compétents soient recrutés pour renforcer l’équipe
actuelle, que des étudiants sortis du CEFOCI soient formés pour la relève et que l’autonomie du centre par rapport à l’ENAM soit envisagée.
4.
Discussion
Bien que les étudiants déclarent avoir assimilé les notions du cours sur la méthodologie de la recherche et n’aient pas fait de jugement défavorable, nous jugeons le contenu de ce cours insuffisant en ce sens qu’il se limite à la conception de questionnaire et à la présentation générale d’un travail de recherche ; il n’aborde pas les aspects spécifiques et très importants que sont l’identification d’une question de recherche, l’identification et la formulation d’hypothèses de recherche, la description des objectifs de recherche, l’écriture d’une problématique de recherche, la présentation des résultats de recherche, la discussion des
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résultats de recherche, la description d’une méthodologie de recherche, l’analyse et la synthèse du contenu d’un entretien ou d’une interview.
Un cliché répandu chez les étudiants fait dire que les cours au CEFOCI sont au rabais ; il semble que ce cliché se confirme à travers les résultats de l’enquête chez les anciens étudiants et davantage chez ceux encore en formation. Ils pensent que les techniques documentaires sont insuffisantes, que leur contenu aurait pu être mieux développé. Mais les cours basiques comportent les rubriques nécessaires à une bonne maîtrise des techniques documentaires ; déjà en 1997, Sonon et Hounyo avaient fait le constat que les cours dispensés aux étudiants en archivistique, en bibliothéconomie, en documentation répondaient aux normes en la matière (1997, p. 36) ; c’est à la pratique que l’on acquiert les compétences et les réflexes nécessaires à l’exercice d’une profession. Par exemple, beaucoup pensent que le cours sur l’ISBD(G) n’a pas sa raison d’être, qu’il est rébarbatif alors que l’importance de la description bibliographique dans l’échange de données est très bien perçue.
L’initiation à la gestion informatisée d’un fonds d’archives est une préoccupation pour les archivistes qui ne manquent d’ailleurs aucune occasion de l’exprimer. En effet, le cours d’informatique documentaire (qui se résume à l’apprentissage du CDS-ISIS) aborde la construction et l’exploitation des bases de données bibliographiques ; la formation ne donne pas d’exemples pratiques de gestion d’archives à partir de ce logiciel alors que cette possibilité existe bel et bien. Une toute petite curiosité et l’esprit d’innovation auraient suffit aux étudiants pour faire l’application des notions abordées aux cas des archives.
La collaboration entre l’ADADB et le CEFOCI a aussi été évoquée. D’après Sonon et Hounyo, le président de l’ADADB est membre d’office du comité de gestion du CEFOCI
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dont l’attribution est « d’étudier toutes les conditions de gestion pour un bon fonctionnement et un développement du CEFOCI » (Sonon & Hounyo, 2007, p. 9-10). Ce comité comprend en outre « les autorités académiques de l’UNB à divers niveaux (Rectorat, ENA, Direction des affaires académiques, CEFOCI) ou leurs représentants, les responsables de centres de documentation universitaires et nationaux » (Sonon & Hounyo, 2007, p. 9-10). L’ADADB donc, par la voix de son président, est prévue pour participer à la vie et au développement du CEFOCI. Seulement, il est difficile aujourd’hui de dire s’il existe une relation formelle ou non entre le CEFOCI et l’ADADB. En avril 2006, lors de l’assemblée générale de l’association ayant adopté le programme d’activités du nouveau bureau élu deux mois plus tôt, il avait été mis en place un comité de réflexion et de proposition de programme de formation à discuter avec l’ENAM. Mais ce comité n’a pas travaillé et n’a donc pas produit de rapport.
L’autonomie du centre de formation préoccupe aussi les enquêtés ; il semblerait que la tutelle « étouffe » son développement (Mehisou, 2002). C’est pourquoi, l’ancien Coordonnateur, Mathieu Mehissou, avait beaucoup travaillé dans le cadre du projet de création d’une Ecole Supérieure des Sciences et Techniques de l’Information (ESSTI) (Mehissou, 2002). L’ESSTI devrait comporter trois départements : un département Science de l’information qui reprendrait le CEFOCI actuel, un département Journalisme et un département Publicité et action commerciale. Ce projet fut adopté en Conseil des ministres en 2001 (Mehisou, 2002) ; l’Université d’Abomey-Calavi a intégré l’ESSTI dans la structure de ses établissements situés sur le Campus universitaire de Porto-Novo6. Le projet serait en bonne voie quand fut intervenu le remaniement de 2003 ayant changé de poste au ministre sous lequel l’action avait été initiée ; le dossier, comme beaucoup d’autres, aurait été simplement enterré par le nouveau titulaire du poste.
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Cf. l’Agenda 2004 de la Délégation de la Commission européenne en République du Bénin où l’UAC a fait une insertion publicitaire ; toutefois, au lieu de ESSTI, il y est parlé de ESTIC.
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L’autre problème soulevé par les enquêtés est le manque d’enseignants qualifiés ; bien qu’il soit réel, cette situation est générale à toute l’université. Par exemple, à la Faculté des lettres, arts et sciences humaines (FLASH) ou certains enseignements ne sont plus programmés soit parce que l’enseignant titulaire n‘est plus disponible, soit parce qu’il est décédé (Nassirou, 2007, p. 8).
5.
Les opportunités des technologies de l’information et de la communication
Lorsqu’on parle des technologies de l’information et de la communication, celle qui retient le plus l’attention et captive le plus grand nombre est l’Internet. Bien sûr, elle est accessible par l’ordinateur et plusieurs autres technologies, mais sa popularité et les facilités qu’elle offre ont fait qu’elle surplombe toutes les autres, au point même de les faire oublier.
Internet est le plus large et le plus dense réseau d’information que le monde ait jamais connu. Il offre plusieurs services dont les plus utilisés sont le courrier électronique et le Web (la mise en ligne d’information et la recherche). Son avènement a profondément bouleversé le travail en bibliothèque ; il est le principal facteur des changements observés dans les systèmes d’information documentaire (Baruchson-Arbib, 2002, p. 397). Le Web est devenu le principal canal de l’information, des transactions, de la gestion des documents et autres (Lakos, 2004, p. 7)
La facilité relative avec laquelle les internautes accèdent aux ressources du Web et l’abondance de ressources résultats de recherche leur font penser que toute la production mondiale d’information y est disponible, et surtout que les bibliothèques disparaîtront bientôt
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au profit des ressources de l’Internet. Ils ignorent qu’Internet ne pourra pas remplacer les services d’information documentaire (Herring, 2001). Une conséquence de la croissance exponentielle des ressources du Web est l’impossibilité des moteurs de rechercher ou d’indexer tout son contenu (Thelwall, 2001) ; en outre, il devient de plus en plus difficile, absorbant et harassant de faire des recherches pertinentes sur le Web (Wartel & al., 2004); en d’autres termes, rechercher sur le Web, c’est rechercher une aiguille dans une botte de foin (Herring, 2001).
Les professionnels de l’information, cependant, ont été formés pour organiser l’information et la rendre facilement accessible. Dans le nouvel environnement induit par les technologies de l’information et de la communication, ils ont la possibilité de transformer en paradis l’enfer qu’est la recherche sur Internet (Lakos, 2004, p. 7). La simple utilisation des opérateurs booléens par exemple améliore significativement les résultats de recherches (Lucas & Topi, 2004, p. 1183). La nature changeante de l’information disponible sur Internet et le peu de fiabilité de la majorité des ressources disponibles sur le réseau renforcent le rôle, la fonction et la mission des professionnels de l’information, et étendent leur responsabilité à l’évaluation des ressources d’information
L’Internet est à la fois un moyen de communication et une source d’information. Les ressources informationnelles qu’il offre sont descriptibles autant que les ressources traditionnelles, afin que leur identification et leur accès soient facilités. Les professionnels de l’information ont été formés à cet effet. Plusieurs normes ont été adoptées au plan international pour leur faciliter le travail. On peut citer les normes de structuration, d’organisation et de description de documents comme le eXtensible Mark-up Language (XML, langage de balisage étendu), le Standard Generalized Mark-up Language (SGML,
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Langage de balisage généralisé), le Document Type Definition (DTD, Définition de type document), le Encoded Archival Description (EAD, description archivistique encodée), le Dublin core et le Text Encoding Initiative (TEI). Les professionnels de l’information doivent connaître ces normes en vue de travailler dans le nouvel environnement électronique. Ils ont également besoin de mettre à jour leur connaissance en MARC et ISBD parce que ces normes aussi sont régulièrement révisées.
En tant que moyen de communication, Internet offre plusieurs technologies aux professionnels de l’information. Le courrier électronique assure une liaison plus étroite entre usagers et services d’information, car son coût est devenu presque nul ; il peut aider dans la personnalisation des services offerts par les systèmes d’information documentaire, par exemple dans la diffusion sélective de l’information, la diffusion des nouvelles acquisitions, l’information sur les nouveaux services offerts, les conférences et expositions programmées. Le courrier électronique est aussi utile pour garder un contact permanent avec les utilisateurs, par exemple dans la conduite d’enquêtes de satisfaction ou dans la collecte des besoins en information. Il peut enfin s’utiliser dans les relations inter- professionnelles. Les applications du courrier électronique que sont les forums électroniques, les groupes de discussion ou les listes de discussion peuvent aider dans l’entretien d’un réseau dynamique entre professionnels ou entre le personnel des services d’information et les utilisateurs.
Internet offre aux professionnels de l’information la possibilité de télécharger des références bibliographiques des sites Web des éditeurs pour alimenter leurs bases de
données bibliographiques; des produits d’information élaborés par les services d’information documentaire peuvent être également diffusés grâce aux services Internet. De nombreux
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logiciels de gestion de système d’information sont aussi disponibles sur le Web. Les opérations de sélection et de commandes de documents sont faisables par les services Internet.
Toujours en tant que moyen de communication, Internet offre la possibilité aux systèmes d’information documentaire de créer un site Web et de l’alimenter, ou d’utiliser le protocole de transfert de fichier (FTP) pour publier ; ils peuvent rendre accessible sur le Web le catalogue de leur service d’information (Open Public Access Catalogue). Des logiciels et technologies fonctionnant dans l’environnement client/serveur sont rendus disponibles régulièrement. XML, une norme très puissante de description et d’échange de données ainsi que ses technologies sont entrain de changer la manière dont les données sont gérées sur le Web (Holbrroks, 2004, p. 1304). MySQL et PHP sont de plus en plus utilisés pour la gestion des bases de données sur le Web et constituent des outils d’un très haut niveau dans la conception et la maintenance des sites Web dynamiques. Le mouvement des logiciels libres est né et fait son petit bon homme de chemin. La conception de scripts CGI, l’environnement client/serveur, les logiciels de gestion des bases de données, la gestion de réseaux, les services Internet et Intranet sont des technologies accessibles partout dans le monde, même dans les plus petites entreprises. Les portails et les bibliothèques numériques sont des outils que les services d’information peuvent utiliser en vue d’assurer leur présence dans la société de l’information. Les technologies ci-dessus énumérées peuvent être utilisées pour résoudre des problèmes qui se poseraient localement aux services d’information. La formation des professionnels de l’information ne devraient pas nécessairement viser la conception de produits à partir de telles technologies, mais devra donner des compétences pour les utiliser dans leur travail quotidien.
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De nos jours, les systèmes d’information offrent la connexion Internet à leurs utilisateurs. Cela suppose que les professionnels de l’information eux-mêmes puissent savoir l’utiliser, disposer des connaissances minimales en l’utilisation de l’ordinateur afin d’aider les utilisateurs qui se présenteraient à eux. Internet est aussi caractérisé par les facilités de publications qu’il offre ; ainsi n’importe qui peut publier n’importe quoi ; ce qui pose la question de la pertinence, de la crédibilité et de la qualité des informations qu’il offre. Les professionnels de l’information peuvent jouer un rôle fondamental dans l’aide aux utilisateurs des services d’information pour l’évaluation des ressources disponibles sur le Web.
6.
Les TIC et les changements nécessaires dans le programme de formation
Sonon et Hounyo avaient remarqué que les étudiants sortis du CEFOCI étaient confrontés à diverses difficultés dans leur emploi, notamment, le manque de compétences en informatique (1997, p. 24) et d’expérience dans l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (1997, p. 28). Ce diagnostic date déjà d’une décennie ; en ce laps de temps, les technologies de l’information et de la communication ont sérieusement évolué ; on peut alors imaginer aujourd’hui le fossé entre les niveaux de compétence des étudiants en technologies de l’information et de la communication et les compétences requises actuellement. Les professionnels de l’information doivent avoir la culture de l’information afin de faire face aux défis de la société de l’information. Pour avoir la culture de l’information, « une personne doit être capable de savoir quand l’information est nécessaire et avoir les capacités de la repérer, de l’évaluer et de l’utiliser effectivement » (American Library Association, 1989). Avoir la culture de l’information à l’ère des technologies de l’information signifie avoir au minimum les compétences d’utiliser les technologies de
l’information et de la communication et être capable de mettre à jour ses connaissances.
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L’Association for Library and Information Science Education (ALISE) a publié en 2000 un rapport sur la formation en science de l’information à l’ère de l’information (ALISE, 2000). Ce rapport a identifié six tendances (trends) qui modèlent les réformes de programmes de formation en Science de l’information; parmi elles, il y a l’émergence des cours centrés sur l’utilisateur (Trend n° 2) et l’investissement croissant dans les technologies de l’information et leur intégration dans le programme de formation (Trend n° 3). Les cours centrés sur l’utilisateur ont pour objectifs de permettre aux bibliothèques et autres services d’information de prendre en compte le paradigme de l’utilisateur dans les services qu’ils offrent. Pour la Trend n° 3, le rapport affirme que les technologies de l’information et de la communication soutendent tous les aspects de la formation et recommandent aux écoles de formations en Science de l’information d’endosser la responsabilité de mettre leurs étudiants au parfum des technologies de l’information au fur et à mesure qu’elles apparaissent sur le marché.
ALISE a recommandé la création de laboratoires dans les écoles afin de permettre aux étudiants d’avoir des facilités pour apprendre une variété de logiciels, de faire des recherches en ligne, de concevoir des pages web, de faire de la production multimédia, de mettre en place des applications de bases de données, d’apprendre et de pratiquer la collaboration en ligne et à distance par ordinateur. De ces recommandations, il ressort que les écoles de formation en Science de l’information doivent mettre l’accent sur les technologies de l’information, plus précisément, l’ordinateur. Elles doivent mettre en place un environnement propice à l’apprentissage afin de permettre aux étudiants d’acquérir les compétences basiques en informatique et en l’utilisation des services Internet, en la recherche et la production des pages web. Les écoles doivent aussi être capables de permettre à leurs étudiants de travailler avec des documents numériques pour créer des ressources d’information multimédia, les décrire, les stocker, les rechercher et assurer leur diffusion. Cela suppose que les étudiants en Science
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de l’Information aient des connaissances en manipulation des formats de document (image, texte, son, vidéo), en structuration conformément aux normes de description de données que sont SGML, XML, DTD, MARC, Dublin Core et celles des mise en forme que sont les feuilles de style. Les écoles de formation en Science de l’Information doivent aussi donner l’occasion à leurs étudiants de concevoir des sites web avec les nouvelles technologies, en particulier avec la gamme de logiciels aujourd’hui accessibles grâce à l’Internet et au mouvement les logiciels libres.
Ces recommandations supposent aussi que l’offre d’apprentissage de logiciels aillent au delà de la suite bureautique Microsoft office et du Système d’exploitation Microsoft Windows traditionnellement enseignés et intègre par exemple la suite bureautique libre OpenOffice et les systèmes d’exploitation comme MacOs ou Linux. Les logiciels spécialisés comme ceux bibliographiques et de gestion de bibliothèques doivent être du domaine de compétence des spécialistes de l’infirmation d’aujourd’hui.
Vu l’importance croissante du XML dans divers domaines, Nelson (2004, p. 294) recommande son enseignement même dans les cours primaires comme un outil indispensable à la culture de l’information. Les professionnels de l’information doivent-ils être du reste ? Évidemment, non. En quelques années, MySQL et PHP sont devenus l’environnement le plus répandu dans la production et la maintenance des sites web dynamiques. Ce couple de logiciels membres du mouvement des logiciels libres (FOSS/FLOSS) forme l’environnement le plus proposé par les fournisseurs d’accès web comme une solution alternative à la programmation CGI (Rigaux, 2003, p.1) et allie puissance, simplicité, fiabilité, robustesse et sécurité.
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En Europe, les associations professionnelles ont élaboré l’Euroréférentiel I&D dont l’objectif est « d’identifier les compétences qui sont nécessaires ou utiles aux professionnels pour bien faire leur travail, de les regrouper selon la nature de ce travail, distinguant ainsi des domaines de compétence, et dans chaque domaine de les classer selon le degré de difficulté de la tâche à mener à bien, de la moins difficile à la plus difficile, en acceptant l’hypothèse peu sophistiquée selon laquelle plus une tâche est difficile, plus grande est la compétence qu’elle demande » (ECIA , 2004a, p.17-18).
L’Euroroférentiel distingue trente-trois domaines de compétences répartis entre les cinq groupes que sont I – Information, T –technologies de l’information, C – Communication, M – Management et S – Autres savoirs quatre niveaux de qualifications (ECIA, 2004a, p. 9-10). Chaque domaine de compétences est défini à travers des exemples issus de différents composants de la profession de l’information-documentation. Dans chaque domaine de compétences, le recensement des exemples et la réflexion sur ceux-ci ont été conduits par niveau. Quatre niveaux de compétences ou de qualification7 ont été définis (ECIA, 2004a, p. 10 -11; ECIA, 2004b, p. 7-11).
Vu les objectifs du CEFOCI8 et les compétences visées par la formation, à savoir mettre sur le marché de l’emploi des cadres bilingues valables pour la planification, la gestion et le développement des services d’information, l’étudiant fraîchement sorti du CEFOCI peut être classé au niveau 3 de compétences ou de qualification de l’Euroréférentiel, correspondant au titre de Manager en information-documentation, et qu’avec une solide expérience
7
Le volume 1 de l’Euroréférentiel (ECIA, 2004a, p. 10) parle de niveau de compétence alors que le volume utilise le terme niveau de qualification (ECIA, 2004b, p. 7) 8 (cf. Sonon & Hounyo, 1997, p. 6-7). Le programme a pour objectifs : - une formation bilingue (anglais-français) des cadres des sciences de l’information dans les spécialités d’archivistique, de bibliothéconomie et de documentation ; - le perfectionnement et le recyclage des cadres en cours d’emploi ;
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professionnelle soutenue par une formation professionnelle continue formelle ou non, il peut sans doute être classé au niveau supérieur le niveau 4 (correspondant au titre d’Expert en information-documentation). D’après l’Euroréférentiel, le Manager en informationdocumentation doit atteindre « au moins le niveau 3 dans 10 domaines du groupe I et dans 1 domaine du groupe I (sic)9 et le niveau 3 dans 10 domaines (sur 20) des groupes T, C, M » (ECIA, 2004b, p. 10). La confrontation des compétences requises par l’Euroréférentiel pour le Manager en information-documentation et le programme de formation du CEFOCI conduit au constat ayant été à la base de cette étude, à savoir que les technologies de l’information et de la communication n’y sont pas bien présentes.
Conclusion
Les technologies de l’information et de la communication ont changé le rôle des bibliothèques et en conséquence celui des agents en charge de leur gestion. A coté des réformes dans les programmes de formation, les technologies de l’information et de la communication ont aussi engendré la diversification des spécialisations (ALISE, 2000). De nos jours, les bibliothèques et centres de documentation offrent à leur utilisateur des documents à la fois sous forme imprimée et numérique. Plutôt que de compétir avec l’Internet, les services d’information documentaire l’intègrent dans leur domaine de compétence comme sources d’information et l’utilisent comme un moyen de communication. Les professionnels de l’information à l’ère du numérique doivent aussi avoir des compétences dans la localisation, le filtrage et l’évaluation de l’information et servir comme instructeur primaire dans l’utilisation des technologies de l’information. Les écoles de formation en Science de l’information doivent leur donner cette occasion.
- la recherche en sciences et techniques de l’information ; - la préparation aux concours et tests permettant l’accès au corps de l’information. ; …
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Il ressort des résultats de l’enquête que les professionnels de l’information du Bénin veulent que le CEFOCI mette à jour régulièrement son programme de formation au fur et à mesure de l’évolution des technologies de l’information et de la communication; ils veulent être familiers avec les logiciels libres et le mouvement des FOSS, les systèmes d’exploitation comme Linux et MacOS, les normes de description, de structuration et de mise en forme des documents électroniques ; ils souhaitent avoir la pratique de plusieurs logiciels documentaires ou de gestion de bases de données. Ils sont conscients du fossé entre les exigences du métier aujourd’hui et la formation telle qu’elle est donnée et particulièrement dans le domaine des technologies de l’information et de la communication. Ils suggèrent enfin que l’école se dote au moins d’un laboratoire informatique, d’un laboratoire en Science de l’information, d’une bibliothèque spécialisée et fasse recours à des professeurs compétents. Un des moyens pour satisfaire ces vœux est la mise à jour de tous les cours du programme de formation tous les deux ans, et l’instauration d’un cours sous forme de conférence semestrielle qui fera le point des dernières avancées en matière de technologies de l’information et de communication et leur application dans les services d’information documentaire. C’est sous ces conditions que le fossé pourra être comblé.
9
Il s’agit sans doute du groupe S.
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