Postcolonialisme et francophonie more |
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Nathalie Schon Postcolonialisme et francophonie. Itinéraires et contacts de cultures, (Actes du centre d’études francophones de l’Université de Paris XIII, Mars 1999), L’Harmattan, 2002, p.127-136. Perspectives générales Les Antilles françaises sont habituellement étudiées dans le cadre d’études francophones en France ou dans le cadre des études postcoloniales et des New World Studies aux Etats-Unis. Les perspectives ne sont bien entendu pas les mêmes. Les études francophones se donnent pour objet l’étude de la francophonie. Mais comment définir la francophonie ? On peut partir du principe qu’il s’agit de l’ensemble des peuples dont la particularité est d’user du français. Au delà de cette dimension linguistique, qui est un critère insuffisant pour effectuer un rapprochement culturel, la francophonie prendrait toute sa dimension à travers » l’acceptation d’une relation, d’une coopération des différences assumées » (1). Il s’agirait donc de l’expression d’une autonomie au sein d’une grande famille culturelle. Ainsi, dans le cas des Antilles françaises créer un discours autonome serait une lutte incessante pour s’affirmer dans etmalgré une situation d’assimilation. La francophonie d’après cette définition est-elle opératoire aux Antilles puisqu’à l’absence d’une identité antillaise assumée s’ajoute la vision exotique que véhicule le terme de francophonie pour Guy Dugas en » nous invitant à rechercher plutôt du côté du lointain ou de l’île » (2) ? Il suffit de consulter la table des matières de la plupart des manuels qui traitent de la francophonie pour constater que celle-ci réunit en une communauté linguistico-culturelle des pays aussi différents que le Maroc et le Québec. Or, peut-on comparer des peuples qui n’aurait qu’un seul point commun : leurs liens étroits avec une culture française, véhiculée à travers certaines institutions, à travers des programmes scolaires qui ne sont offerts dans un pays du Tiers-monde qu’à une élite, alors que dans les pays occidentaux une frange bien plus importante de la population peut participer de la » culture française » (dans le cas du Québec la majorité de la population parle le français, alors que cela n’est pas vrai du Maroc). Peut-on pour autant approuver Guy Dugas, lorsqu’il parle d’une tendance des études francophones à approcher ces pays » d’une manière trop globale et indifférenciée et à l’aide d’un appareil conceptuel inadéquat et trop européocentriste. » (3) ? Les études francophones privilégient certes des problématiques françaises : orthodoxie linguistique (créole contre le français), positions des intellectuels francophones dans la société française (stratégies éditoriales), mais il s’agit là d’une francophonie plus politique que
scientifique. Si la francophonie, vitrine de la France qui a pour but d’exporter une culture française, sensée se décliner en variations régionales, rapporte toute problématique au champ culturel métropolitain, il est des théories de la francophonie qui permettent de mettre en lumière les points communs entre des aires géographiques que la géographie et la culture semblent de prime abord séparer. Toutefois le risque de surévaluer les points communs entre les pays francophones et de négliger les convergences entre communautés linguistiques différentes, existe. Il est donc souhaitable de ne pas se contenter d’une approche, aussi intéressante soit-elle, mais de se pencher sur d’autres théories et tenter de mesurer leur adéquation à l’objet étudié. Les études postcoloniales proposent une analyse pluri-culturelle, même si leur champ d’investigation privilégie les pays anglophones. Sont abordés ici des liens particulièrement complexes car d’une part il ne s’agit plus tant de considérer un lien entre une métropole et ses » colonies » qu’entre plusieurs métropoles et leurs » colonies « , d’autre part l’adjectif » postcolonial » s’applique également à la résistance de micro-cultures, comme la femme, l’esclave par rapport à une culture colonisatrice qui n’est plus forcément synonyme de » nation « , mais de groupe social : l’homme, le maître. S’ajoute à ces critères peut-être trop vastes, une atemporalité qui peut poser problème, car elle élargit le champ d’étude à un tel point que l’imprécision des concepts rend ceux-ci difficilement opératoires, car une telle approche décrète tous les peuples victimes à un moment de leur histoire du colonialisme : les USA au même titre que les Antilles et le Sénégal. Ainsi, Ashcroft, Griffiths et Tiffin adoptent comme critères principaux d’une situation postcoloniale : la conscience recouvrée pour un peuple de sa propre altérité et de sa totalité (être une entité qui se suffit à elle-même); c’est pourquoi ils placent sur le même plan deux pays aussi différents que les USA et le Nigéria (4). Cette méthode ne tient cependant pas compte de la situation de départ : continent quasi vierge (on peut parler de postcolonialisme pour les Amerindiens) ou culture pré-existante à la colonisation, présence du colonisateur ou contrôle à partir d’une métropole lointaine. Or, dans le cas des Antilles cette situation de départ est d’un intérêt primordial par sa situation à mi-chemin entre les deux types d’espaces. L’ambiguité qu’elle crée est celle d’une colonie sans colonisateur, d’une littérature qui exprime la co-existence de l’exotisme et du familier dans la culture antillaise. Ce courant de pensée est donc intéressant, s’il prend en compte les particularités culturelles, car il attire l’attention sur des mécanismes intellectuels d’oppression et offre une plate-forme académique de réflexion concurrentielle. En effet, plus que tout autre il donne la parole à l’ex-colonisé ; Tiffin lui attribue ainsi une stratégie du contre-discours, contre-discours qui est loin d’échapper à toute
ambiguïté. En effet, le contre-discours valide le discours occidental en s’y référant. Enfin, s’il est vrai que le postcolonialisme est né dans les universités occidentales, il échappe néanmoins plus facilement à un certain canon littéraire et scientifique, que la francophonie. La pluralité des approches postcoloniales soulève certes d’autres problèmes : notamment le risque d’une désintégration des concepts dans le vaste réseau d’une postmodernité mal définie. J. Michael Dash a mis en évidence dans son ouvrage The other America une troisième voie dans l’étude des littératures antillaises : les théories qui se donnent pour objet l’étude d’un ensemble culturel et géographique : le nouveau monde. En effet, J. Michael Dash juge trop partielle l’approche globalisante d’un Salman Rushdie qui distingue des affinités de l’imaginaire chez des écrivains d’origines diverses, lorsqu’il fait référence à l’influence du réalisme magique et aux particularités d’une écriture internationale de l’immigration dans la littérature indienne (5). Dash s’appuie ici sur son interprétation d’Edouard Glissant lorsqu’il défend une analyse de l’hétérogénéité et des relations entre les îles caraïbéennes ; les New World Studies placent donc la créolisation (processus de métissage culturel) au centre de l’étude et l’applique à une région. Il prône l’analyse des pays caraïbéens dans un contexte américain et insiste donc sur les ressemblances socioculturelles entre ces pays : système de plantation, conquête de la modernité, hétérogénéité ethnique, instabilités. Ce type d’approche permet une meilleure compréhension de phénomènes qui trouvent leur explication dans l’histoire locale : mise en présence d’ethnies diverses dans l’espace de la plantation, sans retomber dans une analyse littéraire de type nationaliste : » A New World perspective is not the product of a polarizing, exclusivist politics or an attempt to create a new cultural enclave, but rather concerns itself with establishing new connections, not only among the islands of the archipelago but also exploring the region in terms of the Césairean image of that frail, delicate umbilical cord that holds the Americas together. » (6). Ce type d’analyse interroge donc un vécu sociologique commun et permet de déterminer une spécificité antillaise. Cependant, son inconvénient majeur est de négliger les liens culturels qui unissent ces îles à leur métropole. Comme on peut le constater aucune de ces approches ne permet d’étudier complètement une aire géographique comme les Antilles. Alors que faire ? Quelle approche permet de comprendre une littérature qui traduit une situation aussi particulière : les Antilles françaises n’ont jamais été des colonies, pourtant elles reproduisent les structures sociales et mentales d’une colonie : identité imposée par l’extérieur, sans reconnaissance culturelle des Antillais (blancs ou noirs). En découlent une ambiguïté qui pousse les Antillais vers l’assimilation dans une société française
qui conserve pourtant une part d’exotisme. Cette ambiguïté, née d’une extériorisation du regard, crée un sentiment d’être étranger à soi-même (puisque l’Autre est à la fois moi et un autre : à la fois Antillais et citoyen français) difficilement appréhensible. Il s’agit donc de déterminer quelle approche permet de rendre compte de cet auto-exotisme. Théories de la créolité : une nouvelle voie ? En 1987 paraît l’Eloge de la créolité des Martiniquais Bernabé, Chamoiseau et Confiant. Cet essai propose une approche antillaise, » créole » de la littérature caribéenne et suggère, en critiquant les théories universalisantes des chercheurs européens et américains, une méthode d’analyse qui prendrait en compte les spécificités locales et qui serait donc seule apte à rendre justice à ces littératures. Les créolistes décrivent la société antillaise comme une mosaïque composée de divers éléments culturels et raciaux qui vivent en relation les uns avec les autres, sans se confondre. Chaque Antillais aurait en lui une diversité d’éléments culturels et c’est pour préserver cette diversité que les auteurs rejettent donc l’universalisme qu’ils attribuent aux cultures nationales européennes. On peut douter de la nouveauté d’une telle conception de la culture, car, comme le fait remarquer Françoise Lionnet dans Logiques métisses, toutes les cultures se sont nourries d’apports culturels divers recontextualisés et intégrés dans la logique de l’élément culturel dominant, qui à leur tour ont influencé leur culture d’accueil (7). Cependant en y regardant de plus près on constate que les auteurs n’envisagent pas cette synthèse ; les divers éléments culturels seraient destinés à rester distincts les uns par rapport aux autres (la mosaïque), c’est à dire étrangers. Pourtant, la créolité est présentée comme un état, une nature de l’individu et non plus comme processus. C’est cette fixation de l’autre dans des stéréotypes culturels qui pose problème dans le cadre d’une analyse de la littérature. En effet, l’Eloge répond avant tout à une nécessité d’ordre politique (exorciser l’ambiguïté auto-exotique en créant deux camps opposés faciles à distinguer : l’occident et les Antilles). Les auteurs de l’Eloge semblent vouloir s’inscrire dans un courant postcolonialiste qui privilégie l’interprétation postmoderne. Le postmoderne éclate la réalité en une multitude d’unités sémantiques transculturelles et intemporelles, qui toutes se valent sans jamais entrer en dialogue : tout est si différent qu’il ne peut être comparé : les mornes des esclaves et la plantation des békés sont deux univers qui se côtoient, hermétiques l’un pour l’autre . Cette division s’applique en fin de compte également à la recherche
scientifique : l’Européen ou l’Américain ne peut plus comprendre la production littéraire antillaise. Le pas vers le prescriptif est vite franchi : tout se doit d’être différent, autre, authentique (8) : si différent que l’Autre finit par devenir incompréhensible, exotique, même lorsqu’il vit dans la même communauté : nègres, mulâtres, chabins, békés…et chacun de cultiver sa vision essentialiste de son altérité et de réclamer à cors et à cris le respect aux traditions héritées d’un passé figé en un présent éternel et immuable. En fin de compte l’Autre disparaît dans la vacuité sémantique de cartes postales a-exotiques à force d’être exotiques : elle ne disent plus rien, car rien ne peut plus être compris ; elles succombent à un trop plein de différence : » supermodernity does not signal the negation of narrative and identity, but to their histrionic multiplication in a deluge of space, time, and event. Under a condition characterized by general excess, anthropological place gives way to the clean, cold lines of non place, the imaginaire of the Other to the imaginings of the super-modern. » (9) Si la vision exotique de l’environnement ferme le paysage, c’est à dire le rend inaccessible et étranger tout en livrant des indices de son étrangeté, la vision postmoderne quant à elle transforme le paysage en décor, c’est à dire en environnement qui, trop chargé de sèmes isolés, ne signifie plus. On peut donc dire que le postmoderne déconstruit la culture : les Antilles vivent un pluralisme d’interactions culturelles qui ne débouchent pas sur une synthèse (la culture étant compris comme un tout monolithique) et élève pourtant cette déconstruction au rang de culture (avec ses valeurs véhiculées par une tradition): suprême paradoxe ! Ainsi l’Antillais n’affrontent pas l’Autre en soi, il le tient à distance grâce à un dictat essentialiste de l’originalité. Etre pluriel, multiplier les altérités, sans les appréhender, ce serait être Antillais. En figeant cette » nature » auto-exotique de l’Antillais dans un essentialisme qui ne dit pas son nom, la créolité ne risque-t-elle pas de déboucher sur les non-lieux du globalisme et de l’authenticité ?
Approche plurielle Une théorie locale n’est donc aucunement garante d’un regard juste. L’origine d’une théorie ne saurait, en effet, être un critère de sélection en soi. La question n’est pas de savoir si une théorie est exogène ou endogène mais de mesurer son adéquation au sujet étudié à travers une analyse de l’imaginaire non pas en répertoriant des contenus aléatoires, excluant ceux qui ne répondent pas à tous les critères retenus (ainsi certains refusent de qualifier Maryse Condé d’écrivain antillais sous prétexte qu’elle n’habite pas en Guadeloupe ou que ses romans ne se déroulent pas » au pays « ). On s’interrogera non pas tant sur la nature de ces images, que sur le mode de perception.
Par ailleurs, afin de saisir la spécificité de la culture antillaise qui évolue dans un milieu donné (les Amériques) – évidence, qu’il semble utile de rappeler tant on a tendance à considérer des phénomènes répandus pour des caractéristiques locales, faute d ‘une étude comparatiste -, tout en étant une culture qui vit de sa relation à une métropole, il serait utile de combiner plusieurs approches : étudier les évolutions culturelles et les liens des îles françaises avec les îles anglophones et hispanophones de la région, voir les rapports qu’elles entretiennent avec le continent américain (études postcoloniales, New World Studies), sans toutefois négliger les influences réciproques entre les Antilles francophones et la France (francophonie). Etudier les îles antillaises dans un contexte à la fois américain et français (puisqu’il s’agit de départements français), doit signifier prendre en compte leur histoire – donc ne pas se limiter à une approche littéraire – et les multiples relations interculturelles et intraculturelles qu’elles entretiennent. C’est concevoir la culture comme une réalité, à la fois état et processus (car pourquoi devrait ce être l’un ou l’autre) non comme un état intangible et sacré, qui en subissant l’exotisme de l’autre en soi (un moi individuel, et collectif : le groupe social, familial, intellectuel dans lequel je me reconnais) évite de l’affronter en construisant des mythes, dont la seule fonction est souvent d’établir une dichotomie manichéenne entre l’île et sa métropole, entre la population de couleur considérée comme authentique et celle des békés présentée comme une caste d’éternels conquistadors, autrement dit, d’étrangers. On notera que certains auteurs, comme Tony Delsham, tout en affirmant une spécificité antillaise, mais tournée vers l’avenir, ne nient pas les liens entre les couches sociales inférieures (on oublie encore les indiens), mulâtres (au sens de groupe social) et békés et mettent en évidence les contradictions et ruptures nées de l’assimilation et ce sentiment d’être étranger à soi même, né d’un tiraillement entre plusieurs identités figées dans des définitions exclusives (les définitions du marron, du noble Africain et du Français glorieux étaient en décalage absolu avec la culture antillaise et ne permettaient pas une identification, refusée par ailleurs par l’Histoire, qui a ébranlé le mythe du marron en démontrant qu’il rejetait et exotisait la majorité de la population accusée de collaboration avec l’ » étranger « , ou rejetée par les cultures d’accueil elles-mêmes). Aussi, la critique postcoloniale doit savoir rester provisoire car elle porte en elle les conditions de sa propre annihilation, lorsqu’elle ne revêt qu’une dimension chronologique : pour pouvoir véritablement dépasser le colonialisme, il lui faut cesser de toujours s’y référer (puisque réagir contre le colonialisme, c’est prendre acte de son existence, c’est également risquer d’expliquer une société uniquement en fonction d’une période de son histoire). La théorie postcoloniale est donc un instrument très utile à la compréhension
de la littérature antillaise et il faut l’espérer provisoire. Enfin, les études francophones mettent en lumière les rapports culturels entre les Antilles et la France à travers la langue, l’imaginaire culturel et l’histoire commune et permettront peut-être avec les études postcoloniales de répondre à la question que se posent surtout les femmes parmi les écrivains antillais (Maryse Condé, Gisèle Pineau) : peut-on à la fois être d’ici et de là-bas sans demeurer un éternel étranger ? (1) Fonkoua, Romuald » Discours du refus, discours de la différence, discours en » situation » de francophonie interne : la cas des écrivains antillais « Convergences et divergences dans les littératures francophones, Paris, 1992, L’Harmattan, p.56. (2) Dugas, Guy » Francophonie, acculturation, littératures nationales et dominées… Retour sur quelques concepts mal définis « Convergences et divergences dans les littératures francophones, Paris, 1992, L’Harmattan, p.16. (3)Dugas, Guy Op. cit., p.16. (4) » The literatures of the USA should also be placed in this category. Perhaps because of its current position of power, and the neo-colonial role it has played, its post-colonial nature has not been generally recognized. But its relationship with the metropolitan centre as it evolved over the last two centuries has been paradigmatic for post-colonial literatures everywhere. » (Ashcroft, Bill/Griffiths, Gareth/Tiffin, Helen The Empire Writes Back, London & New York, 1989, Routledge, p.2). (5) » But we are inescapably international writers at a time when the novel has never been a more international form (a writer like Borges speaks of the influence of Robert Louis Stevenson on his work ; Heinrich Böll acknowledges the influence of Irish literature ; cross-pollination is everywhere) ; and it is perhaps one of the more pleasant freedoms of the literary migrant to be able to choose his parents. » (Rushdie, Salman » Imaginary Homelands « Imaginary Homelands, London, Penguin, 1991, p.20-21 (1ère publication de l’article :1982)). La littérature est-elle réellement plus internationale aujourd’hui ? N’a-t-on pas tendance à négliger les littératures européennes du Moyen-Age qui se sont régulièrement inspirées l’une de l’autre (il n’est qu’à considérer le succès littéraire des chevaliers de la table ronde), ou bien doit-on distinguer une littérature » mondiale « , aux inspirations peut-être plus lointaines et doit-on en déduire l’émergence d’un nouveau modèle culturel ? Salman Rushdie a certes lui-même exprimé des réserves quant à l’apologie d’un tout-monde qui relèverait d’un amalgame, basé plus sur les bons sentiments que sur des convergences réelles, mais il n’en reconnaît pas moins une littérature mondiale des opprimés, qui se nourrirait de réalisme magique et de contes traditionnels ( Rushdie, Salman Op. cit., p.68-69). Cependant, ces critères n’englobent-ils pas trop d’œuvres, dont les différences sont peut-
être plus importantes qu’il n’y paraît ? (6) Dash, J. Michael The other America, Charlottesville & London, 1998, The University Press of Virginia, p.3. (7) » But in the long run, the more powerful system does incorporate elements of the weaker one, often to the point where certain of its patterns and practices become indistinguishable from those of the imported or inferior culture (…) It is commonly accepted that African Americans are » more or less » assimilated and accultured to » white » American culture, but rarely do we hear the reciprocal formulation discussed in academic or popular circles. » (Lionnet, Françoise « Logiques métisses : Cultural Appropriation and Postcolonial Representations « Postcolonial representations . Women Literature Identity, Ithaca &London, 1995, Cornell University Press, p.9). En s’appuyant sur les théories de Kwame Anthony Appiah, force nous est de constater la nature parfois » superficielle » de certaines intégrations, qui ressemblent ni à une acculturation, ni à un métissage, mais qui s’apparente à ce qu’Appiah appelle une » commodification « , c’est-à-dire une intégration d’éléments étrangers qui ne gardent rien de leur signification originelle (Pourtant Appiah ne semble pas distinguer la capacité de comprendre la sensibilité de l’autre et l’intégration de cette sensibilité dans la culture d’accueil. En effet, la » commodification » semble impiquer une absence totale d’empathie avec la culture de l’autre). Appiah, Kwame Anthony » Is the Post- in Postmodernism the Post- in Postcolonial ? « Postcolonial Theory (Ed. Mongia, Padmini), Arnold, Londres, NY, 1997, p. 55-71 (1ère édition : Critical Inquiry, 17, 1991). (8) » C’est pourquoi ce que j’appelle l’opacité de l’étant – c’est-àdire, non pas le refus de l’autre, mais le refus de considérer l’autre comme une transparence, et par conséquent la volonté d’accepter l’opacité de l’autre comme une donnée positive et non pas comme un obstacle – devient une nécessité pour tout le monde à l’heure actuelle » (Glissant, Edouard » Le chaos-monde, l’oral et l’écrit « Ecrire la » parole de la nuit » La nouvelle littérature antillaise, Paris, 1994, Gallimard, p.127). (9) Collins, Samuel » Head Out On the Highway : Anthropological Encounters with the Supermodern. « Postmodern Culture, Vol.7, N°1, Septembre 1996,http://jefferson.village.virginia.edu/pmc/textonly/issue.996/review-2.996 Bibliographie - Appiah, Kwame Anthony » Is the Post- in Postmodernism the Postin Postcolonial ? « Postcolonial Theory (Ed. Mongia, Padmini), Arnold, Londres, NY, 1997, p. 55-71 (1ère édition : Critical Inquiry, 17, 1991). - Ashcroft, Bill/Griffiths, Gareth/Tiffin, Helen The Empire Writes Back, London & New York, 1989, Routledge.
- Collins, Samuel » Head Out On the Highway : Anthropological Encounters with the Supermodern. « Postmodern Culture, Vol.7, N°1, Septembre 1996,http://jefferson.village.virginia.edu/pmc/textonly/issue.996/review-2.996 - Dash, J. Michael The other America, Charlottesville & London, 1998, The University Press of Virginia. - Dugas, Guy » Francophonie, acculturation, littératures nationales et dominées… Retour sur quelques concepts mal définis « Convergences et divergences dans les littératures francophones, Paris, 1992, L’Harmattan. - Fonkoua, Romuald » Discours du refus, discours de la différence, discours en » situation » de francophonie interne : la cas des écrivains antillais « Convergences et divergences dans les littératures francophones, Paris, 1992, L’Harmattan. - Glissant, Edouard » Le chaos-monde, l’oral et l’écrit « Ecrire la » parole de la nuit » La nouvelle littérature antillaise, Paris, 1994, Gallimard. - Lionnet, Françoise » Logiques métisses : Cultural Appropriation and Postcolonial Representations « Postcolonial representations. Women Literature Identity, Ithaca & London, 1995, Cornell University Press. - Rushdie, Salman » Imaginary Homelands « Imaginary Homelands, London, Penguin, 1991 (1ère publication de l’article :1982).