Ténèbres mascareignes moreIn: Enseigner le monde noir: mélanges offerts à Jacques Chevrier, Paris, Maisonneuve & Larose, 2008
Le dernier roman d’Axel Gauvin, Train fou, est le récit d’une
grotesque farandole nocturne menée par Bernard Montcorbeil, conquérant parisien, venu faire carrière dans les îles. Après une série d’échecs, la vengeance autant que la soif de réussite sont devenues les principales motivations de cet homme, « héros » d’une farce néo-coloniale, qui se met, une nuit, à la tête d’une chenille humaine errant à travers les rues de la ville. Le périple de trois Réunionnais, qui, tels des wagons, s’accrochent à la locomotive France pour exister, illustre la marginalisation de l’île par rapport au centre parisien, représenté par ses directions et sous-directions aux noms barbares. Leur trio, composé de personnages aux noms évocateurs, véritable résumé des causes de leur perte : Pan, le vaniteux, Parle-Pas, le passif et Noiseau, le nomade – est condamné à périr dès lors que le « vaza » – l’étranger – s’en désintéresse. Ponctué d’expressions créoles, sans pour autant être créolisé, le style d’Axel Gauvin, confère à chaque protagoniste son langage |
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