Tropical Exoticism: Degree of B.A./Part II Examination

Exam paper of a course at the University of Manchester

Exam paper of a course I introduced at the University of Manchester

UNIVERSITY OF MANCHESTER Tropical Exoticism: Hula Girls and Banana Republics For candidates taking: Degree of B.A./Part II Examination FC3040 May/June 2005, (2 hrs) The use of dictionaries is prohibited unless a specific instruction on their use is given at the head of this paper. Candidates must answer ALL questions AT LEAST ONE question must be answered in French Candidates must not use substantially the same material in more than one answer Use DOUBLE LINE-SPACING in your answers Use a SEPARATE answer-book for each question FC3040 PTO 1 FC 3040 SECTION A 1) Commentez ce texte. Vous pouvez faire référence aux textes et aux auteurs martiniquais que nous avons étudiés (Aimé Césaire, Raphael Confiant, Maryse Condé) pour expliquer la critique du colonialisme français et les rapports ambigus entre la métropole et les départements et territoires d’outre-mer actuels. Civilisation, civilisation, orgueil des Européens, et leur charnier d’innocents, Rabindranath Tagore, le poète hindou, un jour, à Tokyo, a dit ce que tu étais ! Tu bâtis ton royaume sur des cadavres. Quoi que tu veuilles, quoi que tu fasses, tu te meus * dans le mensonge. À ta vue, les larmes de sourdre * et la douleur de crier. Tu es la force qui prime le droit. Tu n’es pas un flambeau, mais un incendie. Tout ce à quoi tu touches, tu le consumes. Honneur du pays qui m’a tout donné, mes frères de France, écrivains de tous les partis ; vous qui, souvent, disputez d’un rien, et vous déchirez à plaisir, et vous réconciliez tout à coup, chaque fois qu’il s’agit de combattre pour une idée juste et noble, je vous appelle au secours, car j’ai foi en votre générosité. Mon livre n’est pas de polémique. Il vient, par hasard, à son heure. La question « nègre » est actuelle. Mais qui a voulu qu’il en fût ainsi ? Mais les Américains. Mais les campagnes des journaux d’outre-Rhin. [...] Mes frères en esprit, écrivains de France [...]. Que votre voix s’élève ! Il faut que vous aidiez ceux qui disent les choses telles qu’elles sont, non pas telles qu’on voudrait qu’elles fussent. Et plus tard, lorsqu’on aura nettoyé les suburres * coloniales, je vous peindrai quelques-uns de ces types que j’ai déjà croqués, mais que je conserve, un temps encore, en mes cahiers. Je vous dirai qu’en certaines régions, de malheureux nègres ont été obligés de vendre leurs femmes à un prix variant de vingt-cinq à soixante-quinze francs pièce pour payer leur impôt de capitation. Je vous dirai... Mais, alors, je parlerai en mon nom et non pas au nom d’un autre ; ce seront mes idées que j’exposerai et non pas celles d’un autre. Et, d’avance, des Européens que je viserai, je les sais si lâches que je suis sûr que pas un n’osera me donner le plus léger démenti. Car, la large vie coloniale, si l’on pouvait savoir de quelle quotidienne bassesse elle est faite, on en parlerait moins, on n’en parlerait plus. Elle avilit * peu à peu. Rares sont, même parmi les fonctionnaires, les coloniaux qui cultivent leur esprit. Ils n’ont pas la force de résister à l’ambiance. On s’habitue à l’alcool. Avant la guerre, nombreux étaient les Européens capables d’assécher à eux seuls plus de quinze litres de pernod, en l’espace de trente jours. Depuis, hélas ! j’en ai connu un qui a battu tous les records. Quatre-vingts bouteilles de whisky de traite, voilà ce qu’il a pu boire en un mois. Ces excès et d’autres, ignobles, conduisent ceux qui y excellent à la veulerie * la plus abjecte. Cette abjection ne peut qu’inquiéter de la part de ceux qui ont charge de représenter la France. Ce sont eux qui assument la responsabilité des maux dont souffrent, à l’heure actuelle, certaines parties du pays des noirs. C’est que, pour avancer en grade, il fallait qu’ils n’eussent « pas d’histoires ». 2 Hantés de cette idée, ils ont abdiqué toute fierté, ils ont hésité, temporisé, menti et délayé leurs mensonges. Ils n’ont pas voulu voir. Ils n’ont rien voulu entendre. Ils n’ont pas eu le courage de parler. Et à leur anémie intellectuelle l’asthénie morale s’ajoutant, sans un remords, ils ont trompé leur pays. C’est à redresser tout ce que l’administration désigne sous l’euphémisme d’« errements » que je vous convie. La lutte sera serrée. Vous allez affronter des négriers. Il vous sera plus dur de lutter contre eux que contre des moulins. Votre, tâche est belle. À l’œuvre donc, et sans plus attendre. La France le veut ! Ces extraits sont tirés de la préface de la première édition du roman de René Maran, Batouala, véritable roman nègre, publié à Paris chez Albin Michel en 1921. Glossaire : meus : se mouvoir, se déplacer sourdre : couler silencieusement avilit : Rendre vil, abject, méprisable veulerie : Qui manque d'énergie, de courage, d'entrain l’asthénie : faiblesse habituelle qui marque l'ensemble du comportement. l’euphémisme : Adoucissement d'expression par lequel on déguise des idées désagréables, ou tristes. SECTION B : Answer one of the following questions : 2) Comparez l’utilisation du sacré chez Xavier Orville et Maryse Condé. 3) Quelle est l’image des blancs dans le roman de Lois-Ann Yamanaka ? 3
x

Log In

or reset password

Reset Password

Enter the email address you signed up with, and we'll send a reset password email to that address

Academia © 2012