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Denis Peschanski

    Denis Peschanski

    • Born in 1954, Denis Peschanski is senior research associate CNRS (directeur de recherche), European Center for Sociol... moreedit
    communisme, par opportunisme — au sens où Vichy a pu donner l'impression, après la défaite, d'être un lieu de renouvellement idéologique en même temps qu'une invite à l'action — à collaborer avec un régime a priori... more
    communisme, par opportunisme — au sens où Vichy a pu donner l'impression, après la défaite, d'être un lieu de renouvellement idéologique en même temps qu'une invite à l'action — à collaborer avec un régime a priori réactionnaire. Enfin, et c'est une des originalités de ce travail, on découvre le poids de certains hommes peu connus : Tasca lui-même bien sûr, mais aussi Henri Moysset, intellectuel de la droite libérale, sans doute un des penseurs occultes les plus écoutés de la Révolution nationale, Victor Arrighi, proche des « synarques » et des collaborationnistes qui entourent Jacques Benoist-Méchin, Paul Marion, etc. Est-ce dire qu'il faut réviser la connaissance que l'on a aujourd'hui de Vichy ? Le titre du livre, qui semble annoncer une synthèse, le long survol du maître-d'œuvre (« Le régime de Vichy a existé ») qui, bien que précisant (p. xvn) que l'heure n'est pas à la synthèse, s'essaye pourtant à cet exercice difficile sur près d'une cinquantaine de pages, les 880 notes qui agrémentent les Cahiers (un instrument irremplaçable, d'autant que fondé sur une bibliographie parfaitement à jour), semblent entraîner le lecteur dans cette voie. On reste réticent devant l'ambition implicite. D'autant que, paradoxalement, Denis Peschanski renoue avec une interprétation traditionnelle du régime de Vichy, en lequel il voit une forme d'« autoritarisme moderne ». Non sans pertinence, il refuse l'adjectif « totalitaire » qui ne rend pas compte de la spécificité de chacun des systèmes auquel l'épithète peut s'appliquer. Mais on peut lui objecter en premier lieu qu'il est difficile de répondre à la question en n'étudiant que les seules années 1940-1942, tranche chronologique qu'il prend en compte, en laissant en suspens la « fascisation » ultérieure du régime, notamment avec la création de la Milice. En second lieu, d'une manière plus générale, la critique du concept de « totalitarisme » comporte toujours le même revers : quelle notion peut rendre compte, malgré tout, des ressemblances entre les systèmes stalinien, nazi et fasciste — parti unique, encadrement des masses, notamment de la jeunesse, rôle moteur de la propagande, symbolique parfois commune, etc. —, de leur concomitance historique, de leurs alliances, temporaires ou structurelles, ainsi que de l'influence et de l'attraction plus ou moins forte qu'ils ont engendrées chez les clones, notamment en ce qui concerne le nazisme ? Quel autre concept que celui de «totalitarisme » pourrait définir, non pas le régime de Vichy en tant que tel, mais au moins certaines de ses composantes agissantes, de ses velléités, certaines de ses racines idéologiques, bref l'un de ses horizons possibles, étant entendu d'une part que la spécificité hexagonale est déterminante (mais cela ne signifie pas résistance au « champ magnétique » du fascisme), d'autre part que la tentative a échoué, Vichy s'inscrivant dans une histoire singulière ? L'interrogation est d'autant plus topique que nombre de thèmes développés par Tasca et commentés dans cet ouvrage par l'équipe d 'historiens sont au cœur de la problématique : révolution nationale et sociale, parti unique ou non, jeunesse unique ou non, rôle de la propagande, organisation de la police, etc. C'est d'ailleurs le singulier mérite de ce travail que de renouveler la question en y apportant — chose rare — une abondante quantité de sources et de matériaux de première main.
    [En guise d'introduction, par Emilien Ruiz - Difficile d'echapper, depuis quelques semaines, au battage mediatique autour du livre publie par Eric Zemmour... Plusieurs historiens ont ete amenes a reagir aux outrances de... more
    [En guise d'introduction, par Emilien Ruiz - Difficile d'echapper, depuis quelques semaines, au battage mediatique autour du livre publie par Eric Zemmour... Plusieurs historiens ont ete amenes a reagir aux outrances de l'editorialiste, que ce soit sous forme d'entretiens ou de tribunes ((Quelques exemples : Robert Paxton interroge par Pascal Riche, "Robert Paxton : « L’argument de Zemmour sur Vichy est vide »", Rue 89, 9 octobre 2014 ; Andre Kaspi, Laurent Joly et Denis Peschanski interroges...
    Peschanski Denis. Le mot en machine. In: Matériaux pour l'histoire de notre temps, n°10, 1987. Histoire: informatique et documentation, sous la direction de Stéphane Courtois. pp. 38-41
    Peschanski Denis. Grandjonc Jacques, Grundtner Therese (dir.), Zone d'ombres 1933-1944. Exil et internement d'Allemands dans le Sud-Est de la France ; Grynberg Anne, Les camps de la honte. Les internes juifs des camps francais,... more
    Peschanski Denis. Grandjonc Jacques, Grundtner Therese (dir.), Zone d'ombres 1933-1944. Exil et internement d'Allemands dans le Sud-Est de la France ; Grynberg Anne, Les camps de la honte. Les internes juifs des camps francais, 1939-1944. In: Vingtieme Siecle, revue d'histoire, n°32, octobre-decembre 1991. La Mediterranee. Affrontements et dialogues. pp. 113-114.
    De 1906 à 1947, Marcel Cachin nota jour après jour ses impressions, ses analyses, et surtout, avec une étonnante méticulosité, le détail de ses conversations, de ses rencontres, de ses observations. Membre de la direction du Parti... more
    De 1906 à 1947, Marcel Cachin nota jour après jour ses impressions, ses analyses, et surtout, avec une étonnante méticulosité, le détail de ses conversations, de ses rencontres, de ses observations. Membre de la direction du Parti socialiste entre 1907 et 1920, rédacteur de l’Humanité en 1912, avant d’en être le directeur de 1918 à sa mort, quarante ans plus tard, membre de la direction du Parti communiste depuis sa création, Marcel Cachin occupa les plus hautes responsabilités dans le mouvement socialiste, puis dans le mouvement communiste. De Jaurès à Lénine, de Guesde à Trotsky, de Thorez à Clara Zetkin, de Duclos à Boukharine, mais aussi de Lefranc à Bourgeois, ou de Charles à Antoine, ils sont des milliers à défiler, du militant de base aux dirigeants français ou russes, allemands ou finlandais. Avec cet ensemble de près de 3 000 pages, en 4 volumes, nous disposons d’une source d’une importance cruciale pour comprendre la France politique et sociale de la première moitié du XXe siècle. Le tome III nous offre un ensemble exceptionnel sur la première décennie du mouvement communiste international puisque Marcel Cachin a tenu avec une grande précision le journal de ses voyages à Moscou entre 1922 et 1933. Qu’il s’agisse de la vie des instances du Komintern ou des conflits souvent tendus entre ses principaux dirigeants ou au sein même de la délégation française, le lecteur, historien de profession ou simplement intéressé par cette période majeure de l’histoire du XXe siècle, trouvera sous l’écriture fluide de Marcel Cachin un récit important et agréable à lire
    International audienc
    éditeurs. Il vient confirmer, par exemple, l'importance des dossiers d'instruction des cours de justice, instituées à la Libération. On y découvre le jeu complexe auquel les éditeurs se sont livrés entre les différents pouvoirs... more
    éditeurs. Il vient confirmer, par exemple, l'importance des dossiers d'instruction des cours de justice, instituées à la Libération. On y découvre le jeu complexe auquel les éditeurs se sont livrés entre les différents pouvoirs politiques, les conflits qui opposent les éditeurs de littérature générale et les éditeurs classiques et techniques. Parce qu'ils contrôlent le Syndicat des éditeurs et, pour une part, le comité d'organisation, ces derniers imposent leur loi ; les conflits sont fréquents et violents, qu'ils concernent le prix du livre ou le classement des libraires. En élargissant encore un peu son champ d'investigation à quelques dossiers d'instruction de ministres ou de secrétaires d'État déférés devant la Haute Cour, ou de hauts fonctionnaires des services de censure déférés devant les cours de justice ou les chambres civiques, l'auteur aurait nourri des développements restés sommaires sur la politique de Vichy. Dès lors, il est symptomatique que manque dans une bibliographie fournie l'ouvrage de référence que Philippe Amaury a consacré aux Deux premières expériences d'un « ministère de l'Information » en France (Paris, LGDJ, 1969). Mais on objectera que la concentration des éditeurs à Paris et l'interventionnisme particulier de l'occupant réduisent d'autant la gravité de cette omission. Plus que quelques lacunes, c'est donc l'imposant travail de dépouillement d'archives qui ressort de l'ouvrage de Pascal Fouché, un travail riche de potentialités, qui rejoint les nombreux essais ou colloques où les historiens s'efforcent, depuis quelques années, à mieux comprendre comment s'articulent les pratiques et les politiques culturelles dans la France des années de guerre. Il montre l'importance d'une censure polymorphe qui va des listes d'exclusion Bernhard et Otto à l'autocensure des éditeurs, de la pénurie de papier à l'autocensure des auteurs, de quoi fragiliser les extrapolations de certains sur l'autonomie du culturel. Jusqu'à quel point, cependant, ces politiques influentelles sur les pratiques culturelles ? Quelle est la part de la conjoncture dans l'évolution de ces pratiques (les pénuries, l'évasion, etc.), et celles-ci s'inscrivent-elles dans un processus plus long ? Au-delà de la seule littérature de propagande, dans quelle mesure les thèmes dominants se retrouventils dans ce qui est offert au public ? Au-delà du projet idéologique vichyste, la tentative de réorganisation corporative, que constitue la mise en place d'un comité d'organisation, répond-elle également à un désir des professionnels ? Quelle est la fonction de l'épuration dans la reconfiguration de la société française à la Libération, dans la reconstitution d'une cohésion perdue ? Autant de questions que suscite une histoire documentaire qui répond parfaitement aux objectifs que s'est fixés son auteur.
    Peschanski Denis. Vernier Claude, Tendre exil. Souvenirs d'un réfugié antinazi en France. In: Vingtième Siècle, revue d'histoire, n°3, juillet 1984. La guerre en son siecle. pp. 164-165
    et des Slovaques » pouvait apparaître, aux yeux des premiers, comme une satisfaction enfin apportée aux revendications des partis politiques tchèques depuis 1848. Au xix siècle, ceux-ci avaient tous luttes, audedans et au-dehors du... more
    et des Slovaques » pouvait apparaître, aux yeux des premiers, comme une satisfaction enfin apportée aux revendications des partis politiques tchèques depuis 1848. Au xix siècle, ceux-ci avaient tous luttes, audedans et au-dehors du Parlement autrichien, pour la restitution du « droit d'État », c'est-à-dire d'un État tchèque dans les frontières historiques du royaume de Bohême (en fait, celles de 1742), mais dans le cadre de la monarchie autrichienne. D'où leur opposition au seul compromis avec la Hongrie. L'échec du trialisme, puis d'une solution fédérale trop tard envisagée par l'empereur Charles conduisirent à l'indépendance. Une indépendance que les hommes politiques de Bohême et de Moravie n'avaient jamais envisagée avant 1915, lorsque l'idée se fit jour d'un royaume gouverné peut-être par un Romanov. Cet attachement au « droit d'État », outre des raisons économiques vitales, excluait totalement, aux yeux des fondateurs de la république, YAnschluss des régions de peuplement allemand à la nouvelle Autriche ou à l'Allemagne. Mais, dans un tel contexte, le rattachement de la Haute-Hongrie slovaque n'allait pas de soi. Il devait faire appel, nécessairement, à de tout autres justifications, culturelles et linguistiques, en contradiction avec le principe du « droit d'État ». Celui-ci n'était pas invoquable, puisque, comme on sait, la Slovaquie n'avait jamais fait partie du royaume historique tchèque. L'idée tchécoslovaque n'est pourtant pas une construction opportuniste, venant à point nommé soutenir un substantiel accroissement de territoires et de populations. Historiquement, elle est née du rapprochement, dans la première moitié du xix siècle, d'intellectuels slovaques protestants avec les « éveilleurs » de la renaissance nationale tchèque. Les politiciens hlasistes slovaques (Srobâr, Dérer, HruSovsky) cofondateurs de la Tchécoslovaquie étaient tous des protestants. Or, une fois l'enthousiasme de l'indépendance dilué dans les difficultés quotidiennes, leurs compatriotes, majoritairement catholiques, préférèrent apporter leurs suffrages au parti populiste catholique de Hlinka. Sûrs de leur commune identité, les fondateurs tchèques et slovaques de la république ne surent ou ne purent pas réévaluer leurs positions centralistes. La fédéralisation, réclamée dès les années vingt par les populistes slovaques, ne devait se réaliser qu'en 1969 sous la « normalisation ». Mais dans l'intervalle, Hitler aurait su utiliser à son profit le séparatisme slovaque et s'en servir, au même titre que la question des Sudètes, pour rayer de la carte la première Tchécoslovaquie.
    cessus de destruction » avait déjà atteint l'étape précédente deux ans plus tôt, et en 1939 les « juifs » y étaient moins nombreux que les « aryens » destinés au programme d'euthanasie, avec ses chambres à gaz des asiles... more
    cessus de destruction » avait déjà atteint l'étape précédente deux ans plus tôt, et en 1939 les « juifs » y étaient moins nombreux que les « aryens » destinés au programme d'euthanasie, avec ses chambres à gaz des asiles psychiatriques. Les hommes du T4 (le programme d'euthanasie) attachés à la chancellerie personnelle du Fùhrer n'intervinrent dans le génocide juif qu'à la fin de 1941. Il débute — et Hilberg le montre — avant que ne se produise la fameuse « cristallisation » de la mi-41. Il y eut tout au moins une première décision avec le massacre systématique des « judéobolchévistes ». Hilberg ne tient pas compte de cette antériorité dans la théorie du « processus de destruction ». Analysant l'activité des Groupes d'action de la SS et de la police en U.R.S.S., il s'aperçoit qu'« au début, les kommandos ne procédèrent pas à des exécutions collectives, ni ne fusillèrent des familles entières ». L'historien situe, en août 1941, le moment où « la tuerie prit un caractère massif ». Son « processus » y retrouve sa cohérence.
    Resume En neuropsychologie, la memoire autobiographique fait reference aux evenements personnellement vecus situes dans le temps et dans l’espace qui donnent au sujet un sentiment d’identite et de continuite. Meme si des interactions... more
    Resume En neuropsychologie, la memoire autobiographique fait reference aux evenements personnellement vecus situes dans le temps et dans l’espace qui donnent au sujet un sentiment d’identite et de continuite. Meme si des interactions entre memoire individuelle et memoire collective ont ete soulignees, son evaluation porte essentiellement sur la dimension personnelle et subjective. Depuis la fin du xxe siecle, ce qui est appele en psychologie et en neurosciences le « tournant social » a conduit progressivement a la reconnaissance des aspects sociaux de la memoire et il est maintenant admis que les souvenirs se situent a l’interface de l’identite personnelle et des representations collectives. Cet article rend compte de cette evolution en citant les principales contributions au domaine de la memoire autobiographique. Enfin, il evoque le programme « 13-Novembre » elabore specifiquement pour mieux comprendre les interactions entre memoire individuelle et memoire collective, dans le contexte d’un evenement traumatique a grande echelle. L’approche transdisciplinaire qui y est formalisee necessite des developpements methodologiques et theoriques majeurs. Au-dela de son interet manifeste pour comprendre le trouble de stress post-traumatique, ce cadre nouveau pourrait permettre une autre lecture de differentes pathologies de la memoire.
    Juristes, politistes, sociologues et historiens s'accordent pour reconnaitre un deficit de reflexion concernant la justice et le droit. L'etude de l'evolution du droit semble trop centree sur celle du code, en negligeant les... more
    Juristes, politistes, sociologues et historiens s'accordent pour reconnaitre un deficit de reflexion concernant la justice et le droit. L'etude de l'evolution du droit semble trop centree sur celle du code, en negligeant les processus sociaux et politiques de sa production qu'une approche historique permettrait d'introduire. L'interdisciplinarite est donc indispensable et reclamee, mais elle necessite une redefinition des contours de chaque champ du savoir concerne. Mais bien des obstacles institutionnels ou lies a la tradition demeurent
    Peschanski Denis. Villegas Jean-Claude, Plages d'exil. Les camps de réfugiés espagnols en France, 1939. . In: Vingtième Siècle, revue d'histoire, n°24, octobre-décembre 1989. p. 143
    It would be simplistic to assume that Denis Peschanski became a historian of the Second World War in France as a consequence of his parents’ involvement in the French Resistance. However, to overlook or minimise this link would be equally... more
    It would be simplistic to assume that Denis Peschanski became a historian of the Second World War in France as a consequence of his parents’ involvement in the French Resistance. However, to overlook or minimise this link would be equally simplistic or unwarranted. Four threads emerge from Peschanski’s ego-history: first, the importance of migrants and foreigners in French history; second, his longstanding commitment to politics, academic boards, the general public and the debates of his time; third, the pleasure of research; and fourth, the widening scope of his research, which, in recent years, has become increasingly collaborative and transdisciplinary to include neuroscience in various memory projects on WWII, 9/11 and the November 2015 Paris attacks.
    La politique d'internement sous Vichy est relativement connue. Mais l'histoire des camps français commence et finit après. Cette mise en perspective permet de comprendre comment on est passé de mesures d'exception, en 1939, à... more
    La politique d'internement sous Vichy est relativement connue. Mais l'histoire des camps français commence et finit après. Cette mise en perspective permet de comprendre comment on est passé de mesures d'exception, en 1939, à une politique (vichyste) d'exclusion qui participera après 1942 à une logique (nazie) d'extermination. En effet, s'il y a bien une différence de nature entre les camps de la Troisième République et ceux de Vichy, des habitudes avaient été prises et des logiques mises en place tant dans l'administration que dans l'opinion.
    Cet article a pour objectif de présenter l’évolution des travaux scientifiques sur la mémoire humaine de la fin du 19e siècle à aujourd’hui. Les travaux de psychologie expérimentale et de neuropsychologie ont d’abord dominé la scène... more
    Cet article a pour objectif de présenter l’évolution des travaux scientifiques sur la mémoire humaine de la fin du 19e siècle à aujourd’hui. Les travaux de psychologie expérimentale et de neuropsychologie ont d’abord dominé la scène scientifique. Des recherches en sciences humaines et sociales se sont mises en place dans l’entre-deux-guerres, mais sans réelle interaction avec celles menées en psychologie et en neurosciences. Cette clôture disciplinaire a persisté jusqu’à la fin du 20e siècle. Un véritable tournant social s’est opéré depuis les années 2000 avec comme volonté d’étudier et de comprendre les interactions entre mémoires individuelles et mémoires collectives. Dans cet article, les auteurs plaident pour l’émergence de « sciences de la mémoire » fondées sur la dialectique et la transdisciplinarité. Ils s’appuient sur le Programme 13-Novembre, emblématique de cette évolution. Sa genèse, son architecture d’ensemble et plusieurs de ses composantes sont présentées ici ainsi que quelques résultats déjà publiés. Outre leur portée théorique, ces travaux rendent possibles de nombreuses applications, en particulier dans la compréhension et la prise en charge de différentes pathologies, le trouble de stress post-traumatique étant la plus démonstrative à cet égard.
    COMMUNIST SPEECH AND THE « GRAND TOURNANT » : A STUDY OF SPECIFICITIES IN THE COMMUNIST VOCABULARY The change of direction of the French Communist Party (PCF) between 1934 and 1935 has been often studied. Because it was considered... more
    COMMUNIST SPEECH AND THE « GRAND TOURNANT » : A STUDY OF SPECIFICITIES IN THE COMMUNIST VOCABULARY The change of direction of the French Communist Party (PCF) between 1934 and 1935 has been often studied. Because it was considered unacceptable to recognise a relative autonomy and an internal rate of development of political speech the analysis of the PCF speech, was scarcely touched upon during this period. Using the program written by P. Lafon to analyse lexical specificities, it is possible to determine the variability of the frequency of the forms within a corpus ; this program therefore is particularly suited to such a study. The application of this method to a corpus of leading articles in L'Humanité before and after dates of strong political expression between February 1934 and August 1936, demonstrates the use of two successive registers of vocabularly before and after May-June 1935 : a vocabulary of the « working class » and social struggle, and then a vocabulary of « the people ».

    And 199 more